Un des avantages de la mondialisation est que nous avons accès beaucoup plus de matériel qu’avant (quand je dis avant… ce n’est pas si loin). C’est ainsi que j’ai succombé à l’envie de tester les aquarelles Gansai il y a 2 ans. On trouve ces magnifiques palettes d’aquarelle japonaises sur bon nombre de sites désormais, dont sur A*** à un prix défiant toute concurrence. Du coup, j’ai racheté dernièrement une palette 36 godets.

Lorsqu’on les teste pour la première fois, on sent bien que ce n’est ni de l’aquarelle telle que nous la connaissons en occident, ni de la gouache. Je vous explique ci-après les caractéristiques de ces aquarelles et ce qui les différencie de nos médiums habituels.

Qu’est-ce que le Gansai ?

Le terme japonais gansai désigne à la fois le godet contenant et le medium. Les godets sont assez grands comparés à nos formats usuels (godets/demi-godets). La taille des godets gansai est en effet adaptée à la taille des pinceaux japonais pour l’aquarelle, qui sont parfois assez gros.

#Kuretake #Gansai #Tambi
Palette 36 godets Kuretake Gansai Tambi

Quelle est la différence avec l’aquarelle ou la gouache ?

La différence notable est le liant : nos aquarelles et gouaches sont liées majoritairement avec de la gomme arabique. Les gansai sont liées avec un mélange de colle, d’argile, d’amidon, de gomme arabique, de cire d’abeille, de sirop de sucre, ou de glycérine. La colle utilisée est une gélatine réalisée à partir de la peau et des os d’animaux ou de poissons.

A l’origine, chaque maître avait sa propre formule (secrète) un peu comme les enlumineurs occidentaux pour la réalisation des couleurs. Certains peintres japonais contemporains perpétuent toujours cette tradition, à l’instar de Reiji Hiramatsu.

Il y a peu d’information sur la palette Gansai Tambi sur le site japonais de Kuretake, que ce soit au niveau des liants ou des pigments. Néanmoins, Kuretake indique que la formule a été mise au point selon les méthodes traditionnelles. D’où, l’on peut penser qu’il n’y a pas d’additifs synthétiques dans ces aquarelles mais bien les ingrédients naturels de la formule originelle. [J’ai quand même un doute sur les pigments. Dès que j’ai une information je ferai une mise à jour]

Bref, c’est ce liant si spécifique qui fait toute la différence à l’utilisation :

  • Les couleurs ont un fini satiné/brillant, et non mat comme l’aquarelle ou la gouache (quoique certaines couleurs de gouache extra-fine que j’utilise ont ce fini un peu « glossy »…)
  • La présence de gélatine fait que les couleurs répondent moins bien aux lavis et aux glacis sur de grandes surfaces, notamment sur des papiers aquarelle bon marché.
  • En parlant de papiers bon marché, j’ai eu un rendu bien meilleur des couleurs sur du papier haut de gamme comme du Fabriano Rosaspina ou du Ingres MBM. Ces papiers pur coton favorisent l’accroche des pigments, alors que sur du papier 100% cellulose la peinture Gansai a tendance à glisser sur la surface et non à pénétrer la fibre.

Palette de couleur

J’ai donc craqué pour la palette 36 godets qui était proposée à un prix incroyable ces dernières semaines sur A****. La palette est élaborée pour l’art japonais, donc principalement pour représenter la nature, ce qui explique la grande variété de tons bleus, verts et terre. J’ai immédiatement fait un nuancier, sur du beau papier pour une fois (du Ingres MBM) et je dois dire que je n’ai pas été déçue.

#kuretake #Gansai
Nuancier Gansai – Papier Ingres MBM

Les couleurs sont éclatantes. J’ai été très agréablement surprise par les verts et surtout les rouges qui sont très vibrants.

Il y a 3 micas argent et or qui ont la même tenue et la même finesse que les Finetec.

Donc globalement, on retrouve une belle qualité au niveau des couleurs. Les mélanges sont possibles, comme pour l’aquarelle traditionnelle, mais je dirais que les couleurs sont tellement lumineuses et vibrantes que j’ai plutôt envie de les utiliser telles que sorties du godet.

Voici la palette complète :

 

Quelle utilisation ?

On peut utiliser ces aquarelles japonaises comme des aquarelles traditionnelles, avec les limites citées ci-dessus, mais aussi pour l’illustration et bien sûr la calligraphie.

On trouvera là un médium éclatant (en limitant toutefois les mélanges), avec lequel on pourra jouer sur la transparence et l’opacité en superposition.

Ci-dessous quelques exemples d’illustrations réalisées avec ces aquarelles gansai :

Illustration « Dans ma valise » – Aquarelle Kuretake Gansai
Illustration Folk Flowers – Aquarelles Kuretake Gansai
La Rose de Mai
Dans mon sketchbook : le papier étant très lisse, on voit bien les traces de pinceau

En conclusion

Initialement, je m’étais intéressée au Nihonga (peinture japonaise) suite à une exposition du peintre Hiramatsu à Giverny qui m’avait laissée sans voix. Il était expliqué comment le peintre réalisait ses propres couleurs avec des pigments végétaux et minéraux, cette fameuse colle à la formulation secrète, et parfois l’addition de poudre de coquillage pour rehausser les blancs. D’ailleurs, si le Nihonga vous intéresse, Giverny ouvre la saison 2018 avec une exposition sur le thème du Japonisme/Impressionnisme. Quelques œuvres d’Hiramatsu vont revenir à Giverny pour l’occasion.  Inutile de vous dire que je suis dans les starting-blocks !

Pour en revenir à notre peinture Gansai, évidemment, je recommande : non seulement je trouve le médium de qualité, mais en plus cela permet de se diversifier un peu, de varier les plaisirs et par comparaison de mieux comprendre vos mediums habituels que sont la gouache et/ou l’aquarelle.

Idéal donc pour l’écriture au pinceau ou à la plume, un sketchbook ou un carnet de voyage, des illlustrations, etc. De plus la boite est très jolie, extra plate (se range facilement). Les godets peuvent se racheter à l’unité sur le site du Géant des Beaux-Arts.

Je vous conseille, pour des petits tableaux, d’utiliser un papier de qualité 100% coton.

J’espère que vous avez trouvé cet article utile !

A très bientôt

Véro

3 thoughts on “Test | Les aquarelles Gansai”

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