La couleur effraie souvent : certains ont la chance d’avoir une sorte d’instinct pour les utiliser, mais pour la plupart, c’est difficile de s’y retrouver. Dès qu’on ouvre un livre sur la pratique des arts au chapitre « Couleur », on se retrouve face à un cercle chromatique (au mieux), ou un nuancier et on nous explique la complémentarité, les tons chauds, les tons froid, un soupçon de symbolique et basta.

Une fois qu’on a lu cela, on n’est pas super armés pour savoir les choisir, les combiner harmonieusement, ou créer des mélanges qui vont faire décoller nos créations. Or c’est parfois frustrant de passer des heures sur une compo et d’être un peu déçu du résultat, parce que les couleurs tombent à plat.

La couleur, c’est un travail de recherche constant, qui va une fois de plus puiser dans nos émotions et notre ressenti. Voici quelques outils pour affiner votre œil et apprendre à créer des palettes 100% efficaces et personnelles.

Se fabriquer un nuancier

Le point de départ, c’est de connaître vos couleurs : celle qui sort de vos tubes ou godets, pas celle que vous voyez dans un livre ou sur un écran. Il est important que vous fassiez vous-mêmes vos nuanciers, car la couleur réagit en fonction du support que vous utilisez. De plus, les nuanciers des marques, qu’ils soient à l’écran ou imprimés, ne restituent jamais la réalité d’une couleur.

Or, pour connaître vos couleurs, vous avez besoin de les voir telles qu’elles sont réellement. Vous pouvez donc commencer par fabriquer votre propre nuancier sur une feuille dédiée ou dans un petit carnet.

Pour chaque couleur, faites 4 applications :

  • Opaque (peu diluée)
  • Semi-Opaque (moyennement diluée)
  • Transparente (très diluée)
  • Opaque avec une adjonction de blanc (je le fais pour la gouache uniquement, en général je ne blanchis pas les aquarelles)

Classez vos couleurs par grandes familles : JAUNES/ORANGE, ROUGES, BLEUS, VERTS, MARRONS.

En faisant ce travail, vous verrez déjà que vos couleurs ne réagissent pas de la même manière lorsqu’on les dilue dans l’eau. Certaines sont naturellement plus opaques que d’autres. Certains pigments vont aussi présenter une granulation plus ou moins forte.

Le nuancier est une excellente façon de prendre possession de vos couleurs. Pendant que vous le faites, prenez le temps d’observer, de ressentir. Éventuellement, prenez des notes sur vos impressions.

Assortir les couleurs avec un jeu de languettes

J’utilise ce système pour trouver des combinaisons harmonieuses à la gouache. On peut bien sûr le faire pour l’aquarelle, l’encre, l’acrylique, etc… D’ailleurs, si vous utilisez plusieurs types de mediums, je vous recommande de faire un jeu de languettes par medium.

Il suffit de tracer des cases rectangulaires sur une feuille. Dans chaque case, on reporte une couleur telle que sortie du tube, et on note bien le nom de la couleur. Une fois que tout ceci est sec, on découpe les languettes, et on les garde précieusement dans une enveloppe ou dans une boite. Lorsque vous serez plus à l’aise, vous pourrez augmenter votre gamme de languettes avec des tons mélangés ou plus ou moins dilués (en notant soigneusement le mélange sur la languette bien sûr).

 

Combinez et notez votre ressenti

Pour définir une palette (une combinaison) pour une future œuvre, il vous suffit  de combiner les languettes entre elles jusqu’à ce que vous trouviez une harmonie qui vous plaise. Quatre à cinq couleurs maximum sont suffisantes pour créer votre palette. Placez vos languettes côte à côte, sur une feuille et observez :

  • Que m’inspire l’assortiment ? de la joie, de la mélancolie, quelque chose de chaud/estival, quelque chose de vif/dynamique, quelque chose de doux, de nostalgique ?
  • Demandez-vous  comment les couleurs agissent entre elles ? Y en a-t-il une qui met en lumière toutes les autres ou au contraire qui éteint l’ensemble de la palette ?
  • Si je retire une languette, que se passe-t-il ? Qu’est-ce que je ressens ? Manque-t-elle vraiment ? Pourquoi ?
  • Si je remplace une languette par une autre, que devient ma palette, qu’exprime-t-elle de nouveau ? Est-ce chaud, froid, gai, triste, rassurant, tonique…

N’hésitez pas à prendre des photos des combinaisons que vous aimez pour les retrouver plus facilement. Et pourquoi pas, donnez-leur un nom !

Choisir la dominante, la secondaire, la couleur de contraste

Si vous mixez vos 5 couleurs à part égal dans votre compo, il risque de manquer du contraste ou quelque chose d’attractif à l’œil.

Choisissez dès le départ une couleur dominante, qui sera la principale couleur de votre composition, une couleur secondaire, que l’on verra « moitié moins », et une ou plusieurs couleurs de contraste, qui apparaîtront en touches pour guider l’œil dans la lecture de la composition.

Conserver des photos de ses palettes

Je n’aime pas nettoyer mes palettes de gouache car je trouve qu’elles sont très inspirantes. J’ai plusieurs palettes à alvéoles et quelques carreaux de carrelages, ce qui permet de conserver un temps les couleurs. Cela permet aussi de les réutiliser pour ne pas gaspiller.

Malgré tout, au bout d’un moment, on est bien obligé de nettoyer tout cela. Avant de passer à la phase nettoyage, je prends une photo pour conserver l’image de cette combinaison. Vous pouvez aussi conserver les feuilles qui vous ont servi pour vos touches d’essai (votre petit brouillon) et les conserver dans un book dédié à la couleur.

Se faire un tableau d’inspiration dédié à la couleur sur Pinterest

Si vous n’utilisez pas encore Pinterest, je vous recommande d’y faire un tour. Ce réseau social permet de créer des tableaux d’images selon différents thèmes. Assez consommateur en temps (une fois qu’on commence à « épingler » on ne peut plus s’arrêter…), c’est malgré tout un moyen de trouver des idées et de s’inspirer sans avoir à télécharger les images ou à les imprimer.

Il ne s’agit pas d’épingler compulsivement, bien sûr, sinon vous n’allez rien apprendre. Observez ces images que vous sélectionnez, essayez de qualifier ce que vous aimez.

 

Utiliser Canva

Canva est un site web avec une application qui détecte les dominantes de couleurs à partir d’une image. Pratique pour les webdesigners, puisque l’application fournit les codes Hexadécimaux des-dites couleurs, c’est aussi utile pour les artistes en herbe que nous sommes.

Vous êtes parfois séduits par une atmosphère couleur sur une photo, une illustration, une œuvre d’art. En chargeant l’image sur Canva, l’application va détecter les 5 couleurs dominantes. C’est ainsi plus facile de les recréer. Cela fonctionne relativement bien, mais est surtout utile pour la gouache car les couleurs restituées par Canva sont des aplats opaques.

Il suffit de charger une photo et clic, les dominantes de couleur s’affichent.Il existe d’autres utilitaires, mais Canva est vraiment très simple. Avec un peu de pratique, vous verrez que vous pouvez vous en passer, votre œil fera le travail tout seul.

 

Voilà, ces méthodes toutes simples doivent vous permettre de prendre confiance en vous vis-à-vis de la couleur :

  1. Faire vous-même vos nuanciers
  2. Disposer d’un jeu de languettes pour « jouer » les combinaisons
  3. Conserver une image de ce que vous aimez, mettez là dans un book.
  4. S’inspirer de photos ou d’œuvres existantes

Fiez-vous à votre ressenti et à votre perception, pour créer quelque chose d’unique, qui vous ressemble.

J’espère que cet article vous a été utile. N’hésitez pas à poser vos questions dans les commentaires,

 

Véro

#lettresandco

6 thoughts on “Comment trouver de belles combinaisons de couleur ?”

  1. Très bon article, j’ai appris plein de choses. Mais Dieu que ça a l’air compliqué, ça me fait peur un peu.

    1. Ce n’est pas compliqué, mais je crois que comme pour la calli, il faut éduquer son oeil à force d’observation 😉

  2. Super ton article, Véro ! Ceci dit, le cercle chromatique, c’est indispensable pour comprendre comment marche la couleur… Mais tu as raison, se retrouver seul face à lui quand on y connait rien, ça doit faire flipper. J’adore ton idée de languettes, je n’y avais jamais pensé !

    1. Oui le cercle c’est utile aussi, surtout quand on aborde les mélanges. Là, 1ere étape : on prend les couleurs sorties du tube (ou du godet)et on essaie de les choisir en harmonie. Je ferais d’autres articles sur la couleur !

Laisser un commentaire

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.

%d blogueurs aiment cette page :