Nous avons tous des souvenirs d’école dans lesquels nous peignons à la gouache, et ce n’était pas forcément très agréable.

Des petites pastilles en palette aux couleurs fadasses, aux bidons contenant une texture visqueuse et malodorante, en passant par les petits tubes qui s’assèchent trop vite, non décidément, la gouache ce n’est pas terrible. Si certains d’entre vous pratiquent l’aquarelle ou l’huile, vous avez sans doute le sentiment de travailler avec un médium noble, agréable, aux couleurs vibrantes (encore que l’odeur de la peinture à l’huile…).

Aujourd’hui je voudrais pourtant vous parlez de la gouache, car c’est le medium que j’utilise le plus désormais, et je trouve qu’il mérite largement d’être découvert ou re-découvert !

Au second rendez-vous, on a conclu !

Après une première rencontre infructueuse, comme je l’expliquais plus haut, je n’ai plus fréquenté l’amie gouache pendant une vingtaine d’année. Lors d’un stage d’enluminure, quelle ne fut pas ma surprise de la voir réapparaître ! Pour la journée d’initiation, notre professeur nous a en effet proposé d’utiliser la gouache pour peindre nos œuvres. En voyant ma grimace, elle me dit : « Tu connais la gouache extra-fine ? Et bien tu vas voir… ». Et en effet, j’ai vu !

Le bon choix

S’il y a une fourniture où le choix de la qualité ne pardonne pas, c’est bien la gouache. On la choisit donc extra-fine, car elle a une très forte concentration de pigments qui assure tout son éclat et son opacité.

J’ai choisi la gouache extra-fine Linel de Lefranc & Bourgeois. Il existe d’autres gammes, notamment chez Schminke ou Winsor and Newton, dont le prix est tout à fait dissuasif. Il existe aussi une gamme chez Talens de bonne qualité et abordable, mais le nuancier est plus resserré que le nuancier Linel qui comporte 126 couleurs.

La gouache Linel extra-fine est une des dernières gouaches au monde liée avec de la gomme arabique pure, d’où un velouté incomparable.

Comment utiliser la gouache ?

L’eau

Pour les petits travaux et les recherches, l’eau du robinet conviendra mais pour vos œuvres plus abouties je ne vous la recommande pas. En effet, l’eau du robinet contient du calcaire et du chlore. Le calcaire ternit la peinture, tandis que le chlore, dans le temps, jaunit les couleurs et attaque le papier (bon, il faut quelques décennies, mais quand même…)
Pour vos œuvres plus abouties, je vous conseille donc soit :
– De l’eau déminéralisée
– De l’eau de pluie, filtrée pour enlever les petites impuretées
– De l’eau de source, si vous avez la chance d’en avoir une près de chez vous
– De l’eau minérale en bouteille, le cas échéant

#eau

En aplats opaques

La gouache permet de faire de beaux aplats, opaques et réguliers. Selon les couleurs, le pinceau marque plus ou moins sur son passage : cela dépend de la nature et de la couvrance du pigment. On prépare la peinture avec un peu d’eau, en la mélangeant bien. La consistance idéale est celle d’un yaourt brassé.
Pour améliorer l’accroche de la peinture sur le support (si vous avez un papier très glacé par exemple), vous pouvez ajouter une goutte de fiel de bœuf.
Le fiel permettra également de limiter les traces de pinceau, pour des aplats bien réguliers.

J’ai notamment utilisé la gouache pour les petites cartes esprit Vintage.

Petite astuce apprise en cours d’enluminure :
Pour un rendu encore plus régulier des aplats, on peut procéder en 2 ou 3 temps, en appliquant une première couche assez diluée, une seconde couche plus épaisse voire si nécessaire une troisième couche. Il faut bien laisser sécher entre chaque couche, sinon on endommage la couche précédente.

Pour donner du relief

Cette technique consiste à appliquer la gouache par petites touches, çà et là, en superposition : pour ajouter des motifs, créer du relief, apporter du contraste…
Attention à bien laisser sécher la couche inférieure !

#gouache #illustration

En transparence

Très diluée, votre gouache pourra être utilisée comme de l’aquarelle, avec de beaux effets de transparence et de superposition. Tous les visuels de l’article « 5 bonnes raisons de démarrer la calligraphie » ont été peints avec une gouache très diluée.

Pour écrire à la plume

La gouache peut être utilisée pour la calligraphie à la plume. L’avantage, c’est qu’elle n’encrasse pas la plume et est lavable à l’eau. Elle doit être diluée pour être assez fluide, de la consistance d’un jus de fruit (mais pas d’un smoothie !). C’est pour cela qu’une gouache extra-fine est préférable, car même diluée la couleur reste bien dense et homogène. Pour qu’elle ne soit pas trop fluide malgré tout et qu’elle ne coule pas trop vite sur la plume, on peut ajouter une petite goutte de gomme arabique. Cela dépend des couleurs, car tous les pigments n’ont pas la même miscibilité dans l’eau.

Les palettes pour la gouache

En guise de palette on peut utiliser des palettes alvéolées en plastique, peu chères. Un carreau de carrelage blanc lisse fera aussi une excellent palette pour les mélanges.

La gouache séchée sur la palette peut être réactivée simplement avec un peu d’eau. De ce fait, j’ai toujours plusieurs palettes en-cours, que je réutilise pour ne pas gâcher la peinture.

Ma sélection de couleurs

Si vous souhaitez vous lancer mais que vous ne savez pas quelles couleurs commander, voici une petite sélection de mes couleurs favorites, dans la gamme Linel Extra-Fine de Lefranc Bourgeois. Je les commande généralement sur le site du Géant des Beaux-Arts.

  • Jaune de cadmium citron
  • Jaune de cadmium foncé
  • Jaune de Naples
  • Orange persan
  • Rouge de cadmium écarlate
  • Rouge de cadmium foncé
  • Laque géranium
  • Rouge phénicien (rose)
  • Laque de garance pourpre
  • Bleu minéral
  • Bleu Cendre
  • Outremer foncé
  • Gris de Payne
  • Bleu Turquoise
  • Vert Saint-Michel
  • Vert Cyprès
  • Rouge de Venise
  • Laque Havane
  • Sepia Naturelle
  • Gris Bleu
  • Noir d’ivoire
  • Blanc Permanent

J’espère que vous en savez plus sur la gouache et que vous êtes prêts à lui donner une seconde chance bien méritée !

N’hésitez pas à me faire part de vos commentaires pour compléter cet article si besoin,

Véro

One thought on “Redécouvrez… la gouache !”

  1. C’est clair que là, tu prêches une convaincue, bien que je déteste ce mot (être con et vaincu en même temps, ce n’est pas très flatteur) mais je n’en vois pas d’autre, pour ce qu’il est de la gouache ! Mon médium préféré !

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