Ces derniers temps, je fais beaucoup de recherches et d’essais, sans doute pour me reconnecter à quelque chose que j’avais un peu perdu depuis quelques mois… l’inspiration ! Dans ces moments-là, reprendre des bases ou explorer reste un choix possible, une façon de ne pas rester bloqué.e. Je reviendrai peut-être sur ces semaines de trou noir dans un autre article, pour le moment je vous livre juste le travail du jour, qui m’a beaucoup plu car c’est une exploration très intéressante de différents mediums.

L’autre jour, je lisais la newsletter de Marie Boudon, qui racontait que lorsqu’elle était en panne, elle prenait une feuille, ses aquarelles, et commençait par faire des tâches de couleur. Ce travail d’amorce la met en condition, la reconnecte à la matière (l’eau, le papier, le pigment), et l’emmène ensuite vers des explorations de formes, de contrastes, jusqu’à ce que naisse quelque chose sous le pinceau.

Là, c’est le même principe. J’ai commencé par me munir d’une feuille, de différents mediums noir, de quelques outils et d’un gobelet d’eau. J’ai tracé des carrés de 8×8 cm sur la feuille, que j’ai protégés avec du masking tape. Ceci, pour avoir à la fin des carrés assez nets.

Préparation du matériel

Petite astuce pour le masking tape : afin qu’il adhère mais ne déchire pas la feuille lorsqu’on l’enlève, on peut le presser plusieurs fois sur la jambe du pantalon pour le fatiguer un peu avant de le coller sur la feuille.

Le matériel

Pour les pigments, je voulais travailler en noir et blanc, donc j’ai choisi :

  • De la gouache noire
  • Un flacon d’encre Colorex noire
  • Un flacon d’encre de Chine
  • Un bâtonnet de fusain
  • Un bâtonnet de pastel gras blanc
  • Du medium de granulation Sennelier

Côté outils, j’ai choisi :

  • Des pinceaux
  • Un tire-ligne
  • Un morceau d’éponge

Pour le papier, j’ai pris un papier Fabriano épais en format A3. Comme je l’ai déjà expliqué dans d’autres articles, travailler sur du beau papier c’est opter pour un beau rendu.

Tout est prêt pour démarrer

Se lancer

J’avais fait quelques essais en début de semaine sur une feuille perdue, donc je suis partie sans trop réfléchir. C’était d’ailleurs l’objectif : ne pas trop réfléchir, y aller à l’instinct, ne pas penser à ce qu’il y aura au bout, mais plutôt à ce que je fais sur l’instant.

J’ai mis une demi-heure à remplir mes 12 carrés, en alternant les cases avec des traces d’encre très contrastées, avec des cases sur lesquelles l’encre se ballade de façon plus diffuse.

Une demi-heure plus tard…

J’ai laissé sécher totalement avant de retirer le masking-tape avec précaution.

Voici la planche terminée :

J’aime beaucoup le résultat très graphique, mais par dessus tout, j’aime chaque petite histoire que l’on trouve dans les cases.

Les différentes techniques amènent différentes histoires

Du coup je zoome avec vous sur quelques carrés qui m’ont vraiment inspirée :

Pastel gras et encre
Eau et encre de chine, juste au pinceau

Ci-dessus et ci-dessous, des traces au tire-ligne qui vous sont peut-être familières, car dans le même esprit que celles de la page d’accueil de Lettres & Co.

Tire-ligne et encre de Chine

Mon préféré : une trace de pinceau qui a ensuite été délavée et frottée. J’adore cette texture ! Je verrais bien une petite calligraphie fine et gestuelle dessus.

Encre de Chine et eau

Un bel effet avec le médium de granulation, ci-dessous. Le médium de granulation sépare les particules de pigments, ce qui donne un côté très organique à la peinture. Il s’utilise avec la gouache et l’aquarelle. Il est très intéressant en terme de texture, mais tous les pigments ne réagissent pas de la même manière. Certains ne granulent presque pas. Ici, avec le noir d’ivoire, cela a bien fonctionné.

L’effet poudreux est dû à la granulation du pigment

Une trace et un rythme intéressants, réalisés tout simplement avec la pipette du flacon d’encre de Chine :

Encre de Chine

Ça j’adore, on dirait de l’écriture, non ?

Ci-dessous, du fusain juste gratté sur un fond mouillé. Je l’avais déjà fait, peut-être avec un autre type de mine et je m’attendais à un autre effet. J’aime bien quand même.

Fusain et eau

Voilà, si ces images vous inspirent, vous pouvez vous lancer : une feuille, un pinceau, de l’eau, des mediums, c’est tout ce qu’il faut. Expérimenter, c’est l’occasion de se construire des références pour de futures réalisation, c’est peut-être le tremplin vers d’autres découvertes. On apprend toujours, dans ces moments-là, via ce qu’on ressent, via le comportement des pigments sur l’eau et le papier.

J’ai bien noté ce que j’avais utilisé, pour plus tard.

Et puis c’est aussi une vraie détente, méditative, une porte vers la suite…

J’espère que vous avez aimé, à très bientôt !

Véro

7 thoughts on “Etude sur la matière et le contraste”

  1. Bonjour Véro,
    Quel bel article, comme toujours !
    J’adore ta planche et en effet quelle belle idée lorsqu’on ne sait pas quoit faire …
    A garder en mémoire,
    merci
    bon dimanche,
    Claudine

  2. Super, c’est très inspirant comme idée, ça me donne envie d’essayer. Merci pour tous ces partages.
    Bénédicte

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