C’est une année spéciale à bien des égards que nous venons de laisser derrière nous. Il nous a fallu rompre avec nos habitudes et réinventer avec plus ou moins de bonheur notre façon de vivre ensemble, de travailler, de communiquer ou de vivre tout court.

Je ne vais pas m’étendre sur mon vécu personnel, mais comme pour vous peut-être, l’année a été en dent de scie au niveau émotionnel et dans son rythme. Positives ou négatives, les émotions sont de bons catalyseurs pour créer. C’est la façon positive de voire les choses. Sans se mentir, j’ai traversé des périodes durant lesquelles j’étais totalement bloquée, aussi. Quant au rythme, le télétravail et les nombreux jours de chômage partiel ont libéré un temps précieux, que je n’ai pas réinvesti à 100% dans la pratique de la calligraphie, car, humaine que je suis, je me suis pas mal consacrée à mes proches, mes enfants, mes gateaux, et aux petites choses que je remettais toujours au lendemain comme repeindre ma cuisine, appeler des amis à qui je n’avais pas parlé depuis 20 ans, jouer au scrabble, marcher en forêt avec mon attestation dans la poche ou trier mes papiers. La vie, en somme.

Au final, arrivée en décembre, j’ai eu un sentiment de vide et de non accomplissement. Alors j’ai refait le chemin en sens inverse pour objectiver cette pensée et bien sûr, j’ai réalisé que :

  1. je ne m’étais pas tourné les pouces devant Netflix en mangeant des gateaux (enfin pas que..)
  2. Marcher, c’est vital
  3. j’avais appris plein de choses
  4. j’avais fait plein de trucs que j’aime encore regarder aujourd’hui
  5. J’ai malgré tout fait de belles rencontres et de belles retrouvailles (vive la trêve estivale !)
  6. Les artistes -pro ou amateurs passionnés- ont joliment nourri mes yeux et mon esprit toute l’année durant sur Instagram et je les remercie tous du fond du cœur.

Cela m’a permis de mettre un peu de baume sur cette annus horribilis.

Ce que j’ai exploré en 2020

Sur le plan calligraphique, s’entend… Et bien je crois que le long stage avec Yves Leterme sur les Capitales dessinées (Built-up Capitals) a changé ma vision de la lettre mais aussi ma façon d’approcher mon travail.

Pour la seconde fois avec Yves, j’ai dû travailler avec lenteur et précision, avec une attention portée sur les détails, les formes et les contre-formes. Connaître un modèle, savoir le reproduire et avoir les clés pour le détourner. J’ai pu poursuivre cette démarche avec un cours vidéo en décembre animé par Jurgen Vercaemst, avec une approche inédite de la gestuelle : la gestuelle dessinée, toute en lenteur. Un concept à l’opposé du geste vif que j’avais appris jusqu’à maintenant. Le résultat est surprenant, différent, mais c’est surtout la démarche qui m’a bluffée.

Avec ces deux approches, c’est un nouveau champ de possible qui s’ouvre et qui va m’occuper encore pendant des mois.

Pour avancer tranquillement, j’ai inauguré un sketchbook dédié, dans lequel je travaille presque exclusivement au crayon mine. Et c’est dans cet espace un peu intime que je trouve beaucoup de bonheur ces derniers temps.

Le malaise de fin d’année

Comme je le disais plus haut, malgré ces belles découvertes et tout le plaisir que j’ai pris à travailler, je me suis trouvée face à une sorte de malaise. J’ai travaillé avec des modèles tous plus beaux les uns que les autres et je me suis bien appliquée. Mais j’ai le sentiment de ne pas réussir à sortir ce que j’ai envie de sortir, vous me suivez ?

C’est comme si j’avais une armoire pleine de belles fringues et que je ne sache pas quoi mettre le matin pour être vraiment stylée, vraiment moi. Alors je m’habille toujours en noir, c’est simple, sécurisant et en général ce n’est pas moche, à défaut d’être gai.

Alors je me pose plein de questions, notamment, est-ce que trop de méthode tue la créativité ? Est-ce qu’à trop réfléchir, trop peaufiner, trop vouloir être parfait on ne finit pas par enterrer la petite impulsion, la bonne idée ou tout simplement l’intention sincère d’un travail que l’on fait.

Mais comme dit Yves Leterme : « Je vous ai donné une assiette bien garnie, mais vous n’êtes pas obligés de tout manger, du moins pas en une seule fois ! »

Voilà, le chemin pour 2021 est tracé : continuer à s’améliorer sans s’oublier , partager avec ma fidèle communauté que j’adore, être sincère et authentique dans mon travail !

Ici sur le blog cela risque de sommeiller un peu et je m’en excuse par avance mais l’idée d’écrire uniquement pour produire des contenus et alimenter des moteurs de recherche est à 10000 lieues de ce dont j’ai envie.

J’espère que de votre côté tout va pour le mieux. J’ai une pensée pour celles/ceux qui ont traversé des moments difficiles. Je vous souhaite le meilleur pour 2021, et plus que jamais, de l’inspiration et beaucoup d’amour.

Véro

PS : Yves vient d’ouvrir les inscriptions pour une nouvelle session de son stage Built-up caps : les infos sont sur son fil Instagram

2 thoughts on “Mettre 2020 derrière, avec bienveillance.”

  1. Merci Véro de vos vœux. A mon tour de souhaiter que très vite vous puissiez retrouver votre joie de dessiner, peindre, calligraphier. Tout comme vous, je ressens cette tristesse, ce blues qui freinent notre créativité, mais en même temps, je me dis  »quelle grâce que d’avoir en nous cet amour de l’art.
    Merci encore Véro de tous ces conseils et tant d’idées que vous nous proposez.
    Très bonne année, allez hop, on ne se laissera pas abattre, c’est pas possible😉🥰🤩

    1. Merci pour votre gentil message. Il est clair que c’est une grâce d’avoir ce refuge et de pouvoir s’y épanouir. Je n’ai pas ressenti de tristesse, plutôt de la frustration. Les humeurs noires sont plutôt porteuses en ce qui me concerne, car j’arrive toujours à y trouver de la beauté. C’est plutôt la restitution de tout ce qui fourmille dans ma tête qui bloque, et la dispersion de mon énergie 😉 Mais je travaille dessus, en mode force tranquille 😉

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